J'ai rédigé une contribution pour la plate-forme lamarcheasuivre.net dont je partage ici même une copie.
Depuis 20 ans, en qualité de Président-Fondateur d’une radio locale associative je subis le double-préjudice du capitalisme et d’une justice qui fait rempart pour protéger ce capitalisme. Je cherche à recruter depuis 30 mois, mais shadowban (banni sans motif ni notification) de France Travail, Indeed, JeVeuxAider, SuperProf, JobTeaser, Letudiant, Upwork, il nous est impossible de faire savoir que l’on recrute. Notre association est paralysée de toute forme de développement.
Nous demandons un emplacement de marché forain depuis 2 ans exactement ce jour, on nous a demander d’acheter la marchandise, la prendre en photo, donner la plaque de la voiture qui servira à acheminer la marchandise, recruter un employé et fournir bulletins de paie + contrat de travail dans lequel les horaires de travail correspondent aux horaires du marché, on nous a aussi demandé de souscrire à une assurance. Nous avons engagé des milliers pour espérer avoir 1m² et on nous gratifie même pas d’une décision. Or, sans refus motivé, on n’a rien à contester devant le Tribunal Administratif. C’est là encore un « shadowban », banni sans notification ni motif.
Nous faisons la promotion de la culture locale depuis 20 ans, entre les burnouts et les tentatives de suicide, nous n’avons jamais été si proches de tout arrêter. Cet été j’ai marché des centaines d’heures en pleine canicule pour déposer des offres d’emploi dans des centaines de boutiques, je n’ai récolté que 5 CVs. Les conséquences de la cancel-culture dans toute sa splendeur.
L’interdiction de classer une plainte sans suite, l’interdiction de refuser une aide juridictionnelle, y compris pour une personne morale. L’interdiction pour la police de refuser une plainte. L’interdiction pour un avocat de refuser un client (et encore moins de lui facturer ce refus, parce que 10 refus à 250 € l’unité = 2 500 € pour zéro démarche engagée).
La justice ne doit pas être une soirée privée. La justice ne doit pas omettre de porter secours à personne en péril, qu’elle soit morale ou physique. La justice ne doit pas mettre en danger la vie d’autrui, en glissant sa détresse sous le tapis, ou, mieux encore, directement dans le petit broyeur de documents.
Que les plates-formes ne puissent pas bannir à vie sans une décision de justice, et, plus important encore, que les modérateurs et algorithmes n’aient absolument jamais accès à nos messages privés. Utiliser des conversations privées pour justifier l’injustifiable revient à ce que votre facteur refuse d’acheminer vos courriers après les avoir lu, ou que votre opérateur télécom vous prive à vie d’SMS parce que vous avez dit un gros mot une fois dans votre vie.
Evidement on a pas passé nos 20 dernières années sur un banc public à lire des romans, et statistiquement, plus vous passez de temps sur ces réseaux, plus vous utilisez de nombreux mots pour exprimer le fond de vos pensées, plus vous avez de chances au grattage de récolter un ban. Ces plates-formes bannissent l’équivalent de la population française chaque année : 60 million de comptes ! C’est complexe, mais il faut comprendre le caractère autoritaire de ces comportements, et l’abus d’autorité qui en découle, la faute à des Etats laxistes qui embrassent le capitalisme et se rendent complices de leurs atteintes à la dignité humaine.
Lorsqu’on à un navigateur Internet avec tous les sites bloqués, lorsque tous les clubs de sport vous rejettent pour des motifs woke « vous transpirez trop ». Ce n’est plus une agression isolée, c’est une haine collective avec une incitation étatique. Ce n’est plus un simple rejet, c’est une invitation au suicide. On ne veut plus de vous. Nulle part. A aucun moment. Et pour l’éternité. Il m’apparaissait indispensable de développer cette idée.
Que l’on confie notre sort à X ou à la France, à Elon Musk ou Emmanuel Macron, que l’on soit jugé par un modérateur ou un tribunal, le constat est la même : des décisions lourdes de conséquences prises avec le minimum de ressources humaines, et, systématiquement, des décisions politisées, qui ne respectent pas la vie humaine, mais qui ne viennent servir les intérêts que de ceux qui sont aux commandes.
Les bannissements et condamnations ne servent qu’à alimenter des statistiques servant à l’auto-congratulation, jamais à offrir l’exemple de bienveillance et la tribune de libre expression qu’elles devraient représenter.
Les contestations sont, pour finir d’achever les parties prenantes, décoratives et factices, les modérateurs et juges ne se contredisant pas en eux, pas plus que les médecins, les policiers ou les avocats via le conseil de la magistrature, l’ordre des avocats ou encore l’IGPN. En clair, si un premier jugement est fait par un modérateur ou un juge faiblement compétent, les experts que vous penserez solliciter pour une contre-opinion n’évalueront en réalité jamais rien d’autre que des éléments ou des faits nouveaux ■
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